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1er-Mai: des boulangeries ouvertes, les hausses de salaires au coeur des manifestations
information fournie par AFP 01/05/2026 à 19:56

Défilé à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs, le 1er mai 2026 à Paris ( AFP / Julie SEBADELHA )

Défilé à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs, le 1er mai 2026 à Paris ( AFP / Julie SEBADELHA )

Syndicats et manifestants ont défilé vendredi pour des hausses de salaires sur fond de guerre au Moyen-Orient et contre la remise en cause du caractère férié et chômé du 1er-Mai, en ce jour où de nombreux boulangers et fleuristes ont fait travailler leurs salariés, avec le soutien de l'exécutif.

Entre 158.000 personnes selon la police, et plus de 300.000 selon la CGT, ont défilé en France. Une participation hexagonale conforme à celle de l'année passée pour ce 1er-Mai qui tombait un vendredi et pendant les vacances scolaires de certaines régions.

A Paris, où des slogans dénonçaient aussi la guerre en Iran, la mobilisation a été moindre qu'en 2025: de 24.000 selon la police à 100.000 selon la CGT (contre 32.000 l'année dernière, selon les autorités).

"Ce n'est pas le vol du 1er-Mai qu'il faut mettre à l'ordre du jour du Parlement. C'est un grand plan pour l'augmentation des salaires", a estimé la numéro un de la CGT Sophie Binet, à côté de Marylise Léon, son homologue pour la CFDT, en tête du cortège parisien.

Mme Binet a demandé vendredi dans une lettre au Premier ministre Sébastien Lecornu une hausse du Smic de 5% et une indexation des salaires sur les prix.

Marylise Léon réclame, elle, une augmentation du Smic en raison de l'inflation mais aussi "des négociations dans les différentes branches professionnelles".

Pour montrer leur soutien aux boulangers qui veulent faire travailler leur salariés - une tolérance selon le gouvernement en ce 1er-Mai, sous réserve de volontariat et de salaire doublé - Sébastien Lecornu s'est rendu dans une boulangerie en Haute-Loire et Gabriel Attal est brièvement passé derrière le comptoir d'une autre à Vanves, près de Paris.

"C’est une provocation passible de deux amendes", relève l'inspectrice du travail et responsable CGT Céline Clamme. "L'une pour travail le 1er-Mai, l’autre pour travail dissimulé puisque le bénévolat n'est pas autorisé dans une entreprise à but non-lucratif".

"On a raisonné comme un 1er-Mai classique, il n’y a pas de flou, le droit n'a pas changé", a affirmé cette fonctionnaire mentionnant des contrôles en Isère, dans le Maine-et-Loire, en Ile-de-France et à Marseille, notamment.

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon (g), et la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet (2e d), lors du défilé marquant la Journée internationale des travailleurs, le 1er mai 2026 à Paris ( AFP / Julie SEBADELHA )

La secrétaire générale de la CFDT, Marylise Léon (g), et la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet (2e d), lors du défilé marquant la Journée internationale des travailleurs, le 1er mai 2026 à Paris ( AFP / Julie SEBADELHA )

"Les responsables politiques qui vont dans une boulangerie, ça fait partie d'une politique spectacle dont on n'a pas besoin aujourd'hui. On a besoin de donner à voir ce qu'est la réalité d'un salarié en boulangerie", a commenté Marylise Léon.

Devant le rejet unanime des syndicats, le gouvernement avait écarté une proposition de loi de Gabriel Attal visant à élargir le travail salarié en ce jour férié, en recentrant le débat sur les artisans boulangers et les fleuristes, sous réserve d'accords dans ces branches, à travers un nouveau projet de loi.

Sébastien Lecornu a confirmé qu'il y avait eu des contrôles sans en préciser le nombre. "Les contrôles, c'est normal. Y compris parce qu'il y a des conditions, notamment le volontariat du salarié, et ça c'est pas négociable".

Mercredi, le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou avait appelé à "l'intelligence collective", assurant n'avoir donné aucune instruction aux inspecteurs du travail.

- "On n'a pas hésité" -

La grande majorité des 308 cortèges se sont déroulés pacifiquement. A Nantes, où 4.000 personnes ont défilé, un policier a toutefois été blessé au visage lors d'incidents, selon la police, et à Lyon, où la préfecture a décompté 6.500 manifestants (12.000 selon la CGT), quatre personnes ont été interpellées.

Une bzanderole "Le 1er mai nous appartient. De l'argent pour nos salaires, pas pour la guerre" lors d'un rassemblement de membres de la CGT à Marseille, le 1er mai 2026, à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs ( AFP / MIGUEL MEDINA )

Une bzanderole "Le 1er mai nous appartient. De l'argent pour nos salaires, pas pour la guerre" lors d'un rassemblement de membres de la CGT à Marseille, le 1er mai 2026, à l'occasion de la Journée internationale des travailleurs ( AFP / MIGUEL MEDINA )

A Toulouse, entre 5.500 personnes (police) et 12.000 (CGT), ont manifesté "pour nos salaires, pour nos retraites, contre l’extrême droite et pour la paix", selon la banderole de tête. A Marseille, les autorités ont décompté 3.400 manifestants.

Pour Bernard Gaillard, employé chez Airbus croisé dans le cortège nantais, "on peut acheter son pain la veille, on devrait y arriver, une fois, une journée dans l'année, quand même !"

Une employée sert du pain à des clients dans une boulangerie à Quimper, le 1er mai 2026 dans le Finistère ( AFP / Fred TANNEAU )

Une employée sert du pain à des clients dans une boulangerie à Quimper, le 1er mai 2026 dans le Finistère ( AFP / Fred TANNEAU )

Vendredi, un certain flou régnait dans les rues où quelques supérettes de chaînes à Paris et dans l'agglomération bordelaise étaient ouvertes malgré l'interdiction, a constaté l'AFP.

"On n'a pas hésité une seule seconde à ouvrir. Il n'y a aucune logique à ce que des fast-food puissent ouvrir et les boulangeries non", a témoigné Morgane, responsable d'une boulangerie à Mérignac, près de Bordeaux, qui a préféré garder l'anonymat.

Pour Elisa Brugère, vendeuse chez un fleuriste à Bordeaux, "c'est très important de travailler" en ce jour associé au muguet. "En plus, on est payé double, ça fait une petite compensation".

Le président de la Confédération nationale de la boulangerie et de la boulangerie-pâtisserie française, Dominique Anract, avait assuré que "70% des boulangeries" seraient ouvertes vendredi.

21 commentaires

  • 19:18

    meme au siège de la CGT , on licencie et les salaires sont bloqués ! c'est pas une vie ...


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